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THE FIGHTING SOLAR BROS

Pomme Legrand
Exposition du 22/04/2011 au 5/06/2011
Galerie Saint-Jacques, Saint-Quentin

 

Comme dans un cabinet de curiosités, dans son atelier Max Boufathal accumule. Ils s’y côtoient objets, chimères, humanoïdes, chiens étranges. Ce capharnaüm du monde est un miroir : s'y reflète l'histoire de son imaginaire, avec ces monstres, ces prodiges et ces croyances, tout cela s'organisant autour de la plus énigmatique des créatures, l'homme.

Il s’agit de conjuguer l’expérience du métissage, en tant que réalité personnelle et sociétale en prenant acte des transformations irrémédiables dans l’ordre historique et contemporain. Jeux d’ombres utopiques où la nature peut être conviée à se rebiffer. Des êtres hybrides entrent alors en compétition, trouvant armes primitives et faisant flèche de tout bois dans un monde apocalyptique ou nécessité fait loi. De débrouille en récup’, rigoureusement calculées et finies, elles provoquent malaise tant on peut craindre que dans quelques mondes parallèles elles ne servent ou aient servi. Max Boufathal est un explorateur de territoires pataphysiques.

À ce titre c’est aussi, bien évidemment un anatomiste distingué, dans la tradition d’Honoré Fragonard (cousin de Jean-Honoré), Jean-Antoine Houdon et Cornelius Huybert . Trois esprits du XVIIIème siècle qu’étrangement Maurice-Quentin de La Tour a omis dans sa galerie de portraits. Max Boufathal trace une cartographie des êtres, les plus extraordinaires, les considérants égaux comme oeuvre divine, à la fois parfaitement fabuleux et totalement frères. Sous la peau, les muscles ne sont-ils pas identiques pour chacun ?

Le temps a passé, les travaux sur le génome glacent davantage, ou donnent à espérer davantage que l’exercice de la dissection. Et Max traite ses écorchés avec distanciation et désinvolture. L’ironie est dans le matériau, couverture  de survie et sac plastique.

 

Max dit dans un entretien avec Yann Chateigné

Je me prépare mentalement et physiquement à une nouvelle ère de sélection naturelle. Les conditions psychologiques et environnementales de l’homme me semblent mûres pour lui claquer entre les doigts.… Je me sers de l’art comme terrain d’entraînement et il se trouve qu’il est le plus grand et le plus fourni en obstacles de tous les parcours de survie que l’homme a inventé.

 

As in a cabinet of curiosities, in his workshop Max Boufathal accumulates. Here are objects, fancies, humanoids, strange dogs. This mess of the world is a mirror: is reflected there the history of its imagination, with these monsters, these prodigies and these faiths, all this getting organized around the most enigmatic of creatures, man.

It is a question of conjugating the experience of interbreeding, as personal and societal reality by noting irreparable transformations in the historic and contemporary order. Games of utopian shadows where the nature can be urged to rumble. Hybrid beings then compete, finding primitive weapons and using any means in an apocalyptic world where necessity knows no law. Of untangle and recycling, strictly calculated and finished, they provoke faintness so much we can be afraid that in some parallel worlds they serve or served. Max Boufathal is an explorer of Pataphysics territories.

At this title he is also, naturally a distinguished anatomist, in the tradition of Honoré Fragonard (cousin of Jean-Honoré), Jean-Antoine Houdon and Cornelius Huybert. Three spirits of the XVIIIth century whom Maurice-Quentin de La Tour strangely omitted in its collection of portraits. Max Boufathal draws a cartography of beings, the most extraordinary, recognizing them as divine work, at the same time perfectly fabulous and totally brothers. Under the skin, are not muscles identical for each?

The time passed, the works on the genome freeze more, or give to hope more that the exercise of the dissection. And Max treats his scorched with distance and carelessness. The irony is in the material, rescue blankets and plastic bag.

 

Max says in an interview with Yann Chateigné

I get ready mentally and physically for a new era of natural selection. The psychological and environmental conditions of the mankind seem to be mature to split between his fingers. … I use the art as a training ground and it turns out that it is the biggest and the most supplied with obstacles of all the survival courses that man invented.