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La Guilde des Oiseaux

Yann Chateigné, curator
«44°50’54 N/0°34’19W»
du 15/02/2008 au 04/05/2008
CAPC Museum of Contemporary Art, Bordeaux.

Max Boufathal réalise des sculptures de divinités, de monstres, d’objets d’histoire naturelle. il n’hésite pas à piocher dans l’artisanat, les esthétiques des «cultures du monde» - autant de moyens de réaliser des formes qui prennent en compte tous les acquis de la modernité (matériaux, récupération, absence de socle, installation), et de créer de nouveaux artefacts où se mêlent art tribal et consumérisme.

Il met en relation mythes, politique et différents systèmes de croyances au travers d’une exploration subjective de son «noir intérieur», sa culture métisse, et de la notion de communauté. Les œuvres qu’il réalise peuvent dès lors apparaître comme autant de signes issus d’une culture neuve, marginale hors normes. L’artiste arpente les territoires d’un univers réinventé, aux limites culturelles, codes sociaux et valeurs économiques brouillés. il conçoit une forme d’inventaire subjectif, un rassemblement d’objets évoquant vie quotidienne, visions du futur et survie, ne cessant de croiser référents «ancestraux» et consommation de masse, singularité et appropriation. Ses oeuvres évoquent des modèles mêlés, altérés, hybridés : leur magnétisme chamanique et industriel pourrait bien pallier ce que Walter benjamin avait décrit comme une «pauvreté en expérience» du monde contemporain. Constituée à partir d’éléments simples, disponibles, appropriables, cette collection constitue la matière première, la «pauvreté» de l’artiste façonnant à sa manière les formes du monde matériel pour instaurer, en somme, un «nouveau référent».

Dans le cadre du programme 44°50’54 N/0°34’19W, Max Boufathal installe dans les espaces de la galerie Arnozan un ensemble d’oeuvres spécifiquement réalisées pour le CAPC musée d’art contemporain. Evoquant des oiseaux chimériques, anthropomorphes et surdimensionnés, artificiels, ces sculptures à l’inquiétante aura pendent du plafond telles des reliques fascinantes. Entre costumes rituels en attente d’activation et pseudototems rétro-futuristes réalisés à partir de sacs poubelles tressés, ces oeuvres s’imposent magistralement dans cet espace qui fut découvert, lors de la création du CAPC, comme un grenier désaffecté avec pour uniques habitants des pigeons, occupant les ruines d’un entrepôt de denrées coloniales depuis le 19ème siècle.

Max Boufathal realizes sculptures of divinities, monsters, objects of natural history. He does not hesitate to dig into the aesthetics of the " cultures of the world " to realize forms which take into account all the experiences of the modernity (materials, installation) to create new artefacts where get involved tribal art and consumerism. He puts in relation myths, politics and different systems of faiths through a subjective exploration of his " internal black ", his smashed culture and of the notion of community.

Works which he realizes can appear as so many stemming signs of a new, marginal culture out of standards. The artist measures territories of a reinvented universe, in the cultural limits, the social codes and the blurred economic values . He conceives a shape of subjective inventory, one gathering of objects evoking everyday life, visions of future and survival, not stopping crossing "ancestral" referents and mass consumption, peculiarity and appropriation. His works evoke mixed, altered, crossed models: their shamanic and industrial magnetism could indeed fill what Walter Benjamin had described as a " poverty in experience " of the contemporary world. Established from simple, available appropriable elements, this collection constitutes the raw material, the "poverty" of the artist training for his way the forms of the material world to establish, as a matter of fact, a " new referent ".

Within the program 44°50 ' 54 n /0°34 ' 19 W, Max Boufathal installs in the gallery Arnozan space one set of pieces specifically realized for the CAPC museum of contemporary art. Evoking fanciful birds, anthropomorphes and oversize, artificial, these sculptures with a disturbing aura hang of the roof as fascinating relics. Between ritual suits in expectation of retro activation and pseudototems retro-futurists realized from braided plastic bags, these works masterfully fill in this space which was discovered, during the creation of the CAPC, as an attic closed down with for unique inhabitants some pigeons, occupying the ruins of a warehouse of colonial foodstuffs since the 19th century.